SÉRIES

Le travail de l'artiste, depuis plus de vingt-cinq ans, s'organise en séries. Leur historicité les range par périodes mais toutes restent en cours. Certaines œuvres demandent une maturation sur des années, voire une décennie avant d'être signées.

L'une dans l'autre : Réalisées parallèlement, deux séries peuvent néanmoins se superposer dans l'épaisseur du temps et donner naissance à une nouvelle série.

Les productions engendrées dans cette démarche authentique forme un univers singulier.

Ci-dessous, quelques brides d'informations sur les séries les plus anciennes. Manquent à l'appel les dernières, dites : Trames Sumi-e, Aires sous vide, Translations et Nancy's Garden pour lesquelles un catalogue est en cours.

 

Au Fil du Thé

Depuis 2015  

 

Au fil des rencontres, j’ai sillonné l’Europe et les Etats-Unis. Loin de mon atelier, Je me suis aperçue que le papier résidait néanmoins dans n’importe quelle salle de petit déjeuner ! Et chaque jour, le travail me mobilisait :

1 - A l’instant Thé :  en observant notre précieux breuvage emballé dans un papier techniquement fiable, fin et d’un même format un peu partout.

2 - Au réseau Thé : en collectant des sachets consommés garantissant l’obtention d’une incroyable palette - de teintes et motifs produits par infusions et conditions de stockage - d’innombrables papiers et le recyclage de bons moments partagés.

3 - Au Fil du Thé : en réalisant une œuvre modulaire, légère, souple et résistante, s’adaptant avec facilité aux multiples contraintes de transport et d’installation, vibrant à toutes les lumières et au moindre souffle.

Chaque escale en atelier provisoire ou chez moi m’invitait, et m’invite encore, aux actions suivantes : Vider les sachets de leurs contenus, les laver délicatement un à un, les laisser sécher, les presser, les marquer à l’encre permanente en suivant un gabarit dont j’ai fixé les mesures, les assembler à la colle « maison » sans acidité en trois rangées de neuf papiers pour créer des feuilles de 27 sachets, les coudre avec la reconnaissance d’un verso et d’un recto par deux fils respectivement beige et noir.

Chaque exposition montre et fixe un déploiement exceptionnel de l’œuvre - de quelques centaines à quelques milliers de papiers - dans un souci de composition globale et d’interactivité.

A la location ou vente directe

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Les Sillons Lumineux

Depuis 2011


Généralement, le quadrillage, utile à la lecture d’un territoire, donne la liberté de visiter les parties qu’il découpe. Celles-ci se trouvent donc séparées pour être mieux reliées puisque la connaissance approfondie du tout résulte de la connaissance cumulée de ses parcelles.

Le quadrillage, ici, est blanc, de toutes couleurs mêlées, « est fait » de cette lumière par laquelle nous appréhendons le monde visible. Dans le blanc des Sillons lumineux, les parcours rehaussés d’une teinte irisée ou pailletés sont surfils conducteurs de vies traversant l’espace et le temps. Ils dessinent des zones qualitatives et signalent les réseaux précieux qu’ils tissent, dans ce grand tout re-présenté lui-même très partiellement : d’où une série des Sillons lumineux.

 

En pratique, après une composition - à l’aide de colle à PH neutre - de papiers préalablement peints à l’encre ou à l’huile repigmentée, je grave les sillons de telle manière que le blanc duveteux du support initial - papier bien entendu - ressurgisse. Apparaissent avec, les traces du labeur et des prises de risques. Ces lignes sont en effet plus ou moins ténues jusqu’à parsemées de petits trous. Je précise que malgré une fragilité apparente, chaque réalisation est pérenne via mes choix de médiums et protection anti UV.

Le blanc finalise la composition alors qu’il est premier, et son surlignage donne du sens car, au-delà de la fonction du cadastre, le quadrillage des Sillons lumineux témoigne qu’une lecture de ce qui nous entoure n’est possible que par ce qui sou tend notre propre histoire et conditionne notre regard.

 

Le tout, pour chacun d'entre nous, serait donc un enchaînement de territoires bien précis et subjectif, formant néanmoins avec d’autres motifs un ensemble joignant et créant ce grand tout qui nous est, malgré son incommensurabilité, relativement familier.

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Les Jardins d'Univers

Depuis 2007

Durant mon activité d’art-thérapeute (2000-2015), j’ai appris à réorganiser mon cadre de travail plusieurs fois par jour pour recevoir du public et entretenir ma recherche artistique dans un même lieu. En fonction du mode d’accompagnement des personnes, la mise en place et la netteté des dispositifs furent ma préoccupation constante. Rien, du travail d’un patient ou d’un groupe de stagiaires ni du mien, ne devait transparaître à l’accueil d’un nouvel usager. J’avais aménagé deux réserves attenantes à l’atelier pour le stockage du matériel et des productions. Et je dissociais fondamentalement mes deux versants d’investigations : art et art-thérapie.

Hiver 2007, le suivi de quelques personnes autistes m’enjoignit à revisiter ce postulat. Ma vigilance accrue au niveau de toutes choses présentes dans l’atelier se doubla d’une interrogation sur mon existence-même à cet endroit précis.

Un patient, en effet, me somma d’ajuster ma posture : il me fallait le soutenir sans aucune pression (en évitant les regards croisés, les bruits forts, les mouvements amples, etc.) tout en répondant à la prétention d’œuvrer ici - implicitement à « si je* fais quelque chose ici, qui es-tu toi qui n’y fabrique rien ?

En conséquence, sur une table dans l’alignement de la sienne, je pris une feuille A4 noire, alors qu’il choisissait une feuille blanche de format Raisin. Tous deux étions face aux fenêtres donnant sur la rue. Je pris alors un outil propice à opérer de façon discrète et méthodique. Mon hôte, quant à lui, se servait de feutres pour hachurer les zones de son dessin qu’il reprenait de semaine en semaine.

De fait, j’ai entamé mes premières découpes au scalpel. J’ouvrais spontanément des fenêtres minuscules dans le noir. Je décomposais des parcelles en suivant des perspectives aux orientations aléatoires. Lorsque ma première trame papier fut presque achevée, mon hôte s’exclama :

« Mais comment savais-tu qu’il y avait tous ces carrés dans ta feuille ? »

Je répondis que ne le savais pas et que j’allais continuer pour en découvrir d’autres peut-être…

Comprenez que cette expérience n’est pas une façon habituelle en art-thérapie, que cette connivence est inhérente à un cheminement dont je ne livrerai pas ici tous les ressorts. Ce que je souhaite introduire par cette anecdote c’est que certaines créations s’imposent à soi pour des raisons simples et complexes à la fois, comme des passerelles.

L’œuvre qui en résulte est une démarche que je poursuis au-delà du cadre par lequel elle est venue au monde. Elle grandit à mesure qu’elle s’articule en soi et avec l’extérieur : la série de mes découpages se perpétue rituellement sur papier noir à main levée dans la concentration solitaire.

Elle rayonne par ailleurs grâce à la vidéo-projection. Le jeu d’interpénétration avec l’architecture et parfois mes autres travaux dans la scénographie de mes shows, restitue une fonction unique à chacun de mes kirigami ou cutart** et signe la cohérence d’un mixe d’échelles : « Les Jardins d’Univers »

*le patient

**Pas de nom spécifique en français à ma connaissance

Art Apart' video avec Les Jardins d'Univers

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L'Abîme Comme Fenêtre

Depuis 2007


Le papier m’est toujours apparu comme entité vivante, singulière mais familière, et demeure un concentré d’essentiel que je maroufle sur toile.


Des crayonnés et du pastel sec disséminé dans le duveteux du Canson, durant mon enfance, aux encres diffusées dans les fibres du Washi, lors de mon passage à l’âge adulte, le papier m’a littéralement transportée. Il répondait à un besoin vital de créer, me guidait à reprendre pied sur un certain socle et de l’élan vers quelque sortie salutaire.

S’il y a, entre autres, un peu de mes tripes dans leur concrétion, mes papiers s'organisent en projet. J’ai, en effet, commencé à en fabriquer en rentrant du Japon pour travailler sur mes racines, au sens propre du terme. Ces nouvelles matières, complémentaires des papiers translucides japonais, ont pu donner corps aux travaux que j’articulais. Il y eut d’ailleurs un temps durant lequel ceux-ci ne se sont plus désunis du tamis, outil premier, désigné comme ossature fondamentale.

Ce fut ensuite au tour du cadre de se voir réattribuer une vraie place de contenant originel - cadre en bois brut limitant l’objet papier - et d’interface avec l’environnement. 


Au bout d’une vingtaine d’années, j’ai enfin pu me confronter à la toile. Je l’ai d’abord trouée, pour voir si du papier pouvait en surgir, puis je l’ai adoptée comme support stable et réflecteur, jouant de la lumière comme d’un boomerang, une fois le papier collé.

Mais la perte du tamis, inconcevable, m’enjoignit au tissage, sorte d’embobinage, du travail papier sur toile, afin d’inviter l’œil à passer au travers de cette trame, habituellement dite de fond … Car c’est bien aller au-delà dont il s’agit, affiner sa lecture du monde, et envisager que les yeux nous guident vers l’imperceptible en nous donnant la mesure de ce que nous ne voyons pas tout à fait mais que nous voulons découvrir absolument.

La trame, noire, vise un jeu optique en produisant un fenêtrage précis, néanmoins variable, que l’on reçoit incommensurable. Elle fragmente et lie tout ensemble. Elle retisse également les tracés à l’encre japonaise en texturisant un premier plan. Au loin, s’étend un univers d’amas globulaires ou quelques organisations cellulaires nous projetant dans l’infiniment grand ou l’infiniment petit. Du moins, si nous le souhaitons, car les bords de la fenêtre-tableau sont denses – bois strié de noir sur fond de couleur franche -  et la trame forme un filet de protection, nous maintenant dans la réalité concrète. Nous pouvons donc suivre le fil ou le quitter pour l’aventure d’un nouvel espace pictural, un moment, puis reprendre ce fil garanti, etc.


Cette série débutée en 2007,  nommée  L’abîme comme fenêtre, allie des techniques traditionnelles, issues de mes apprentissages - auprès de Maîtres en chaque discipline - à mes pratiques expérimentales constantes : production de papier, calligraphie, design textile, monotype, papiers marbrés à la cuve – huile et encre. Leurs combinaisons, en vue de ce que je viens d’exposer, a donc élargi mon champ d’investigation et de liberté. Mais la liberté n’est pas sans contraintes : Tributaire de la longueur de mon bras pour le tramage final, je réalise d’assez petits formats. En les modulant, j’atteins le grand format. L’effet de fenêtrage et d’expansion s’en trouve renforcé.

Consciente de la fragilité de l’existence, je tends par la sublimation vers l’universel, avec ces moyens plastiques. Pour moi au quotidien, saisir par la recherche papiers - d’identité - son indéfectible appartenance à la famille humaine permet d’appréhender plus sereinement le cosmos et la mort. 


Dans  L’abîme comme fenêtre, j’aborde le vide par la matière noire à l’échelle humaine, la mémoire sélective ou défaillante par un pèle-mêle de papiers "importants" composant un paysage. Les choses s’arrêtent, changent, reprennent à l’infini. N’importe lequel de mes tableaux n'est qu'un extrait mais un extrait choisi… 

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Les Tamis

(1997-2003)

Rentrer du Japon s’est apparenté à revisiter mes origines. Pour vivre à nouveau en France, il m’a fallu littéralement travailler sur mes racines : Planter dans mon sol breton pour en extraire ma propre matière papier. Un papier comme un agglomérat. Pour ce faire, j’en ai fabriqué les outils, notamment les tamis nécessaires à sa mise en feuille.

Au bout de quelques années, la série « Tamis » se constitua d’œuvres au cadre servant d’ossature et en résonance avec l’environnement, le sujet-même, de la survenue du contenu papier. Les trous du papier ouvraient quant à eux sur le maillage primordial, la trame de fond. Le voyage dans la conjugaison des espaces et des temps se poursuivait. La mémoire « en corps » !

Les Tamis ont été notamment exposés au Château de la Briantais, La galerie Visio Dell Arte (Paris 8éme), Art Apart’ #2

 

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Grands Formats sur Washi

Depuis 1993

En remontant au début de mon parcours artistique, je m’aperçois que j’ai toujours vécu « entre ». Entre deux cultures, deux apprentissages, avec le papier comme seul véhicule et valeur unique. C’est donc naturellement que je me suis retrouvée à Tokyo avec mon portefeuille sous le bras, c’est-à-dire avec ma collection de créations sur papier destinées au textile d’ameublement. J’avais appris et travaillé en France, auprès d’un designer allemand spécialisé Jacquard, le dessin et la mise en couleur reproductibles par les machines d’impression et de tissage.

Le washi, papier japonais aux qualités proches du tissu, me servait de support idéal pour réaliser des maquettes similaires aux résultats escomptés par les industriels. L’utilisation des encres superposées ou isolées à l’aide de cire répondait avec exactitude au procédé croisant les fils pour obtenir les teintes. J’ai vendu des maquettes afin de poursuivre, nourrir, mon travail personnel recourant lui aussi à ces techniques, libéré toutefois de la performance du dessin, sur grands formats.

La société de textile Tori fut mon premier mécène en exposant « Sillonner » au Tokyo Design Center. Sillonner se compose de cinq panneaux, chacun mesurant trois mètres de haut sur un mètre de large. Suspendus et coulissants ils se présentaient à l’entrée du showroom. Entrer se conjuguait à traverser l’espace pictural.

La manière que j’avais adoptée de fondre la cire dans le papier, révélant chatoiement et translucidité, connut également le soutient de Maîtres verriers et calligraphes, le concours d’artistes et d’architectes d’intérieur jouant de la lumière.

« Sillonner » comme d’autres grands formats de cette nature, est une œuvre que je vous propose à la location ou la vente directe.

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© 2017 by Anik Legoupil

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